LI Articles

Le thème de la conférence mi-annuelle du NSGIC : la communication


by Adena Schutzberg
March 04, 2009

NDLR Directions Magazine français: Le National States Geographic Information Council (NSGIC) est un groupe d’intérêt américain du domaine géospatial, dont les membres comprennent notamment divers gestionnaires des gouvernements local et fédéral oeuvrant dans le domaine des SIG, des représentants du secteur privé, des chercheurs, etc. L’organisation fait la promotion d’une "utilisation raisonnée" et concertée des technologies géospatiales au sein des divers paliers de gouvernement, notamment par le biais d’initiatives et de programmes qui, de façon générale, tendent à créer une « infrastructure nationale de données spatiales »(INDS). Le groupe s’est notamment placé au cœur de l’activité concernant l’inclusion souhaitée du géospatial au plan de relance de l’économie américaine, en endossant certaines des « propositions géospatiales » qui ont été publiées. Directions Magazine français a suivi de près ces efforts de la communauté géospatiale, qui se sont soldés par une maigre récolte. Le NSGIC a tenu sa conférence mi-annuelle du 22 au 25 février. Adena Schutzberg nous donne ses impressions sur ce qui s’y est discuté et sur quelques leçons que semble avoir tirées la communauté géospatiale américaine au cours des dernières semaines.

Même si je ne suis restée qu’une journée et demie à la conférence mi-annuelle du NSGIC de Annapolis, au Maryland, j’ai pu saisir quel en était le thème, soit la communication, après la première demi-journée. Le lendemain, le président du NSGIC, Learon Dalby, m’en a fourni d’autres preuves en changeant le titre de la rencontre de « Retour sur les enjeux » en « Retour sur les opportunités. » Le thème central ici, selon moi, était la communication. Avant de reprendre les points qu’il a évoqués, laissez-moi vous parler de quelques-uns de ces défis de communication que j’ai pu discerner pendant la rencontre.

Les discussions concernant (l’) «Imagery/Transportation/Parcels/Elevation for the Nation » (la vision du NSGIC pour un ensemble de jeux de données nationaux à objectifs multiples) ont dû inclure la mention du fait que seulement les deux premières (Imagery for the Nation et Transportation for the Nation) « appartiennent » réellement au NSGIC. Les deux autres ont leurs vies propres. Un cadastre national est en discussion depuis des années, il est donc facile de lui adjoindre un « for the Nation ». « Elevation for the Nation » a semble-t-il été construite d’après (l’) « Imagery for the Nation » du NSGIC par le Conseil national de recherche (National Research Council). Il peut être bien de faire le choix d’une marque de commerce. Toutefois, si on en perd le contrôle, cela peut aussi devenir nuisible. La communication n’est pas seulement une question de mots; il faut aussi s’assurer de posséder la marque de commerce et d’en maintenir la crédibilité. Il est aussi important de partager cette marque que de lui conférer du sens (voir plus bas).

J’ai cité Martin Hogeweg, d’ESRI : « (Pour recevoir de l’argent du plan de relance), appelez votre base de données banque de données, et vos installations de production de données une usine. » Je pourrais ajouter à cela la citation d’un ami qui a été en publicité un certain temps et qui disait : « Vous devez parler comme ils écoutent ». Nous sommes encore à travailler là-dessus, tant sur la façon dont nous vendons les SIG à l’intérieur même de notre communauté que sur la manière dont les vendons au gouvernement fédéral. J’ai eu deux fois la même conversation, au petit déjeuner et au déjeuner, qui à chaque fois me ramenait au même sentiment : « Nous sommes en 2009 et nous n’avons toujours pas de chiffres à montrer, sur les dépenses en SIG et données spatiales et les retours sur investissements » Mes interlocuteurs ont avancé que de tels arguments sont de ceux qu’on utilise en affaires. Si on avait eu ces chiffres en mains, peut-être aurait-on pu tirer davantage du plan de relance.

Personne à qui j’ai parlé au NSGIC n’avait jamais entendu parler de la Agricultural Geospatial Coalition avant que celle-ci ne soit présentée lors de la première journée, y compris parmi ceux qui sont bien au fait de ce qui se passe dans le domaine de la télédétection aérienne. Cela me donne à penser que le groupe a d’abord voulu passer inaperçu. Il pourrait y avoir de très bonnes raisons à cela. D’un autre côté, voici un sous-groupe de joueurs du géospatial qui se regroupent autour d’un seul programme. Le National Agricultural Imagery Program (NAIP) leur permet de rouler et la formation de cette association leur donne la chance de s’exprimer sur la colline du Capitole. Je trouve ça génial. De toute évidence, les membres de cette coalition n’avaient pas l’impression qu’on subvenait à leurs besoins ou qu’on entendait leur voix, et ils ont réagi. En faisant cela, ils ont pu communiquer avec deux entités importantes : la communauté géospatiale et le Congrès, qui signe une bonne partie de leurs chèques de paye.

Il y a beaucoup de « surestimation involontaire » dans le monde du géospatial. Plusieurs personnes qui connaissent bien l’univers de l’acquisition et l’intégration des données se moquent des individus « non-géo » qui parlent de l’imagerie Google comme si elle était en temps réel. Google n’a jamais dit qu’elle l’était, mais d’après les films et la science-fiction, un bon nombre de gens moins familiers avec le géospatial ont pensé, et pensent toujours, qu’elle est au moins « presque » en temps réel. Ce n’est pas la faute de Google. C’est comme ça que les gens pensent et, franchement, cette conclusion est pleine de sens même pour ceux qui s’en moquent. De la même façon, le gouverneur du Montana prend pour acquis que parce qu’il a une base de données parcellaires en ligne pour son État, tous les autres États en ont une aussi. Il est dans la même catégorie que ceux qui croient que Google est en temps réel. Je ne suis pas certaine de comment faire reculer ces idées, qui sont « en avance » sur la réalité, mais je suis convaincue que la communication est un bon point de départ.

Revenons maintenant au « Retour sur les opportunités » de Dalby. Il a mis en évidence plusieurs endroits où une meilleure communication peut aider à faire avancer les causes du NSGIC. Entre autres, le NSGIC n’a pas formulé de proposition pour le plan de relance, mais il a endossé celles qui s’alignaient sur son ordre du jour politique. Autre exemple : les nombreuses spécifications LiDAR, incluant la nouvelle série préliminaire émise par (le) United States Geological Survey (USGS), pourraient profiter d’une meilleure communication. La communication pourrait aider à unifier ces efforts, ou à tout le moins à amasser les contributions des différentes parties prenantes. Que dire de la possible confusion quant à l’état des diverses initiatives de la série « for the Nation »? Le NSGIC a déjà produit un document faisant l’énoncé des critères spécifiques pour l’évaluation des efforts « for the Nation ». Il contient les différentes étapes du cycle de vie d’un projet : exposé conceptuel, développement et mise en œuvre. Il y aura aussi une « feuille de pointage » pour tenir le compte des progrès de chaque projet au sein de ce processus. Finalement, Dalby a posé une question d’ordre théorique (ou peut-être pas?) : Que se passerait-il si le NSGIC concentrait ses efforts sur un seul projet appuyé par de solides recherches, au lieu de diviser son énergie entre plusieurs projets? Et si ce projet était Imagery for the Nation? Et si il était financé, mis à l’essai puis adopté pour servir de cadre de référence pour les autres efforts « for the Nation »?

Même par ces temps difficiles, de nombreuses perspectives s’ouvrent pour l’avancement des causes du NSGIC et de la communauté des technologies géospatiales. C’est la communication, notamment à l’aide de tous les nouveaux outils que sont les médias sociaux, qui en assurera la réussite… ou l’échec.
More about this author...

Your Comments
Post a comment

All comments provided in this section are those of the individual who has created the post. These are not the opinions of Directions Media, its editors, staff or owners unless otherwise noted. Directions Media retains the right to edit or delete any comments posted herein.

Photos - LI 2009